Septembre 2018

La Bible de Gutenberg, un Trésor à l’UMONS

La Bible à 42 lignes (B 42), imprimée par Johann Gutenberg à Mayence entre 1452 et 1453, est un témoin incontournable de la révolution technique apportée au sein de l’imprimerie par la mise au point des caractères typographiques. Cette bible, imprimée sur 642 feuillets de papier ou de parchemin et à l’origine reliée en deux volumes, reprend le texte de la Vulgate, traduction latine de l’Ancien et du Nouveau Testament attribuée à saint Jérôme.

Aujourd’hui, les exemplaires identifiés de la B 42 – dont une vingtaine seulement sont complets − sont au nombre d’une cinquantaine, dispersés dans le monde. L’incunable 1001/21 conservé dans la Réserve précieuse est le seul exemplaire de B 42 en Belgique. Il a été légué par le chanoine Edmond Puissant à la ville de Mons en 1933 et se trouve en dépôt à l’Université de Mons depuis 1966.

L’exemplaire montois n’est pas complet. Il comprend seulement le premier tome qui est lacunaire (220 feuillets sur 324). L’histoire de ce livre est mouvementée car il a été séparé de son tome 2 dès le 16e siècle. En 1989, Christiane Piérard– conservatrice de la Bibliothèque- en élucide la provenance en découvrant des points communs (décoration similaire et signets pourpres) entre la B 42 et un incunable (1001/56) provenant de Saint-Alban de Trêves (Allemagne) acquis par le chanoine Puissant. Les historiens du livre identifient alors le second volume de notre exemplaire, conservé à la Bibliothèque municipale de Trèves. Malheureusement, celui-ci a été revendu par fragment à partir de 1931. On ignore toujours comment le tome premier est arrivé en Belgique et où le chanoine Puissant l’a acquis en 1926.

La B 42, conservée à Mons, a pour particularité de réunir des feuillets du premier et du second tirage. En cours d’impression, Gutenberg a décidé d’augmenter le tirage ce qui a entraîné une réimpression de certains feuillets dont le stock n’était pas suffisant. Pour économiser le papier, l’imprimeur décide de passer de 40 à 42 lignes, ce qui explique la présence de feuillets à 40 lignes (f° 1à 5 r°), à 41 lignes (f° 5 v°) et puis à 42 lignes dans notre exemplaire. L’enluminure est très sobre : 19 initiales peintes en rouge, bleu, mauve et vert avec des filets à la plume pour marquer le début des livres et des initiales en rouge pour les débuts de chapitres. Par contre, le feuillet 5 r°, début de la Genèse, présente une décoration plus sophistiquée avec des marges décorées.

 

Pour conserver et protéger ce précieux livre, la Fédération Wallonie-Bruxelles vient de le classer comme « Trésor », par l’arrêté ministériel du 19 juillet 2018.

Accès au document numérisé

 

Pour en savoir plus
  • ARNOULD M.-A., L’exemplaire de la Bible de Gutenberg conservé à Mons. Étude critique, Mons, Société des Bibliophiles belges séant à Mons, 1960 (Publications in-4°, n° 2).
  • BECHTEL G., Gutenberg et l’invention de l’imprimerie. Une enquête, Fayard, 1992.
  • DODU J.-M., La Bible de Gutenberg, Paris, Editions Les incunables, 1985. (Apparat critique du fac-similé de la « Bible mazarine »).
  • FRANZ G., Die Schicksale der Trierer Gutenbergbibeln, dans Gutenberg Jahrbuch, 1988, p. 22-42.
  • FÜSSEL S., Gutenberg and the impact of printing, Ashgate, 2005.PIERARD C., Xylotypes, incunables, post-incunables conserves à la bibliothèque de Mons, Mons, Université de Mons-Hainaut, 1989.
  • WHITE E. M., Long lost leaves from Gutenberg’s Mons-Trier II Bible, dans Gutenberg Jahrbuch, 2002, p. 19-36.

 

UMONS
DocNum