Mars 2019

Mons, un exemple pour l’architecture hydraulique

Belidor B.F., Architecture hydraulique, 1770

Pendant longtemps, Mons a été citée comme un exemple pour ses fortifications. Dans son traité d’Architecture hydraulique (t. 2, p. 254), Bernard Forest de Bélidor vantait la fortification de Vauban selon ces termes : « Avant que les fortifications de Mons fussent démolies, il n’y avoit point de place en Europe plus imposante par la vaste étendue de ses inondations, & le grand nombre d’ouvrages extérieurs, tous parfaitement appropriés à la disposition du terrein & aux vues d’une bonne défense ».

Bernard Forest de Bélidor (1698-1761), ingénieur français et professeur de mathématiques à l’école militaire de la Fère est également connu pour ses traités à l’usage des militaires et des ingénieurs. Son œuvre majeure l’Architecture hydraulique paraît pour la première fois entre 1737 et 1739 chez Charles-Antoine Jombert, (1712-1784), libraire spécialisé dans les ouvrages destinés aux ingénieurs. Au 18e siècle, l’architecture hydraulique est définie « comme l’art de bâtir dans l’eau et d’en rendre l’usage plus aisé et plus commode ». Le traité de Bélidor, véritable best-seller, sera réimprimé jusqu’au début du 19e siècle. La bibliothèque de la FPMS conserve dans ses collections la première édition de ce traité (1737-1770) tandis que la bibliothèque centrale conserve l’édition de 1782-1790 parue chez Louis Cellot, beau-fils de Charles-Antoine Jombert.

 

 

Le plan de Mons extrait de l’Architecture hydraulique (t. 2, planche XXXIII) a été gravé par Claude Lucas (1685-1765), graveur de l’Académie des Sciences. Il montre la fortification montoise, en 1746, avant qu’elle ne soit arasée par les Français. Celle-ci avait été conçue par Vauban qui la supervisa de 1691 à 1697. Elle sera, ensuite, amplifiée par les ingénieurs belges au service de l’Espagne jusqu’en 1715 et de l’Autriche jusqu’en 1746. Ils feront de Mons une forteresse imposante avec son cordon de bastions, protégés par dix ouvrages à cornes dont trois rien que devant la porte de Nimy, renforcés par des demi-lunes, des tenailles ou encore des contre-gardes. Arrivée à son maximum en 1746, la fortification montoise couvrait, alors, une superficie de 210 hectares environs, inondations permanentes et étang des Prêtres et des Apôtres compris. Les substructions de cette fortification, arasée entre 1746 et 1747, existent encore partout dans le sous-sol montois.

Bélidor, dans son chapitre intitulé « De l’usage des eaux à la guerre », commente le plan de Mons en donnant une description détaillée (p. 254 à 260) de toutes les manœuvres à faire pour provoquer les inondations en cas d’attaque.

Pour en savoir plus:
  • de BELIDOR F.F., Architecture hydraulique, seconde partie, qui comprend l’art de diriger les eaux de la mer & des rivières à l’avantage de la défense des places, du commerce & de l’agriculture. Paris, Charles-Antoine Jombert, 1770, p. 254-260.
  • BOUSQUET-BRESSOLIER C., « Charles-Antoine Jombert (1712-1784) un libraire entre sciences et arts » dans Bulletin du bibliophile, N° 2, Paris, 1997, p. 299-333.
  • DE KEYZER W.et VAN MOL B., « Les fortifications et les sièges de Mons du XVIe au XIXe siècle », dans Marie-Thérèse (éd.), Images de Mons en Hainaut du XVIe au XIXe siècle, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 2006, p. 140-191
  • GILLISPIE C., « Belidor, Bernard Forest de » dans Dictionary of Scientific Biography, t. 1, New-York, 1970, p. 581-582.
  • TONDEUR M., « Une place forte au tracé aussi original que perfectible ? La reconstruction des fortifications de Mons, ou la difficile conciliation d’impératifs stratégiques et de contraintes militaires (1750-1781) » dans Annales du Cercle archéologiques de Mons, t. 82, Mons, 2014, p. 219-309.
  • VAN MOL B., « Mons, ville fortifiée du XIe au XIXe siècle » dans Annales du Cercle archéologique de Mons, t. 80, Mons, 2006, p. 173-204.
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