Février 2018

L’art d’aimer au Moyen-Âge

Le Roman de la Rose, incunable, ca1500

Chef d’œuvre de la littérature courtoise, le Roman de la Rose est un poème allégorique de plus de 21 000 vers. Ce texte est un « art d’aimer » dans lequel se succèdent deux conceptions de l’amour. La première est écrite par Guillaume de Lorris autour de 1230. Un jeune homme se promène en rêve et découvre un jardin caché. Il tombe ainsi amoureux d’un bouton de rose qu’il désire cueillir. Cet univers n’est peuplé que d’allégories telles que Beauté, Courtoisie, Fortune, Jalousie,… La seconde partie de l’œuvre est écrite par Jean de Meun quarante ans plus tard. Le cadre est complètement différent. En effet, l’auteur se détourne de l’allégorie pour offrir un discours philosophique, ironique mais aussi didactique avec l’enseignement de l’amour et de la sexualité. Le Roman de la Rose est le texte médiéval français le plus lu, le plus recopié et le plus cité.

La diffusion de ce poème allégorique au Moyen Age s’est d’abord faite sous forme manuscrite – copies privées ou commandes princières – avant que l’imprimerie ne s’empare de ce best-seller. La bibliothèque centrale de l’UMONS conserve dans sa collection d’incunables un des sept exemplaires complets de la première édition du « Roman de la rose moralisé » de Jean Molinet,, poète et chroniqueur à la cour de Bourgogne. Cette version modernisée du roman consiste en une mise en prose intégrale du poème original assortie de commentaires allégoriques ou mystiques. Il s’agit d’un texte de commande qui s’inscrit dans l’antique tradition du mécénat seigneurial : Philippe de Clèves, seigneur de Ravenstein souhaite disposer d’une copie de ce classique de la littérature L’éditeur de cet exemplaire est Antoine Vérard, grande figure de l’édition française à la Renaissance. L’exemplaire conservé à la Réserve Précieuse est revêtu d’une demi-reliure en veau havane, signée en queue du dos Rixe, relieur montois du 19e siècle.

Pour en savoir plus :
  • Coilly N., Tesnière M.-H., Le roman de la rose. L’art d’aimer au Moyen Age, Paris, Bibliothèque nationale de France, 2012.
  • Piérard C., Xylotypes, incunables, post-incunables conservés à la Bibliothèque de Mons, Mons, Université de Mons-Hainaut, 1989.
  • Polet J.-C., (s. la dir.), Patrimoine littéraire européen. Le Moyen-Age de l’Oural à l’Atlantique : littératures d’Europe occidentale, vol. 4b, Bruxelles, De Boeck, 1993.

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