Février 2017

Xylotypes, les oiseaux rares de la Bibliothèque

Biblia pauperum et Exercitium super Pater Noster (15e siècle)

La xylographie ou gravure sur bois est utilisée au 15e siècle pour imprimer des images pieuses, des cartes à jouer et des livres tabellaires. Cette technique consiste à tailler un bloc de bois de façon à laisser apparaître le dessin et au début le texte en relief que l’on encre. On applique, ensuite, une feuille de papier que l’on presse avec une balle de crin (frotton). La xylographie permet de faire des petits tirages souvent répétés puisqu’une fois que les blocs sont gravés, on peut tirer le nombre d’exemplaires que l’on veut quand le besoin s’en fait sentir.

Il est difficile de dater les livres tabellaires ou xylotypes car ils ne comportent aucune mention de date ni d’imprimeur. Selon les spécialistes, leur production est contemporaine des débuts de l’imprimerie et s’étend sur tout le troisième tiers du 15e siècle jusqu’au début du 16e siècle. Produits principalement en Allemagne et dans les anciens Pays-Bas, ils sont destinés à satisfaire une demande de livres religieux et didactiques. Ouvrages de vulgarisation, ils sont destinés à un public qui sait lire tout en appréciant le soutien de l’image. Ces livres ont eu un rayonnement indiscutable même si on estime à seulement 600 le nombre total de livres xylographiques – entiers ou fragmentaires – conservés actuellement dans les bibliothèques du monde. Cela représente un corpus d’un peu plus de trente titres.

La bibliothèque centrale conserve, dans ses trésors, deux xylotypes : une Biblia pauperum et un Exercitium super Pater noster. Ces deux livres faisaient déjà partie des collections de la bibliothèque de l’École centrale du département de Jemappes créée en 1797. Ils ont en commun la particularité d’avoir été relié par Ildephons-Louis Masquillier, installé comme relieur à Mons en 1828.

La Biblia pauperum est le titre le plus populaire des livres tabellaires conservés. Composée d’une série de gravures sur bois représentant des scènes tirées du Nouveau et de l’Ancien Testament associées à des textes explicatifs courts, elle est destinée aux clercs et aux moines mendiants, « pauvres prédicateurs » pour préparer leurs prêches. Accès à la numérisation

L’Exercitium super Paster noster est un xylotype de dix planches qui illustrent chacune une phrase du « pater noster ». L’exemplaire conservé à l’UMONS est bilingue : latin et flamand. Accès à la numérisation

Pour en savoir plus:

  • D.Hüe, Le livre xylographié, diffusion du texte et de l’image, dans L’univers du livre médiéval Substance, lettre, signe. Etudes réunies par Karin Ueltschi, Paris, Honoré Champion, 2014, p ; 191-217.
  • L. Hellinga, Les livres tabellaires, dans Le cinquième centenaire de l’imprimerie dans les anciens Pays-Bas, Bruxelles, Bibliothèque royale, 1973, p. 78-88.
  • G. Lobrichon, La bible au Moyen Age, Paris, Picard, 2003 (Les Médiévistes français ; 3).
  • T. Manning, The Internet Biblia Pauperum, 2001. (Page consultée le 6 février 2017).
  • A. Mercier, Un incunable « xylographique » ou « tabellaire », dans Les trois révolutions du livre, Paris, Imprimerie nationale, 2002, p. 239.
  • C.PIÉRARD, Xylotypes, incunables, post-incunables conservés à la Bibliothèque de Mons, Mons, 1989.
  • C. Sorgeloos, Relieurs et reliures en Hainaut, dans M.-Th. ISAAC (dir.), La bibliothèque de l’Université de Mons-Hainaut 1797-1997, Mons, UMH, 1997, p. 197-210.

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