De la condition sociale des femmes au dix-neuvième siècle, et de leur éducation publique et privée

Références

  • Auteur(s) : Gatti de Gamond, Zoé (Créateur, 1806-1854, auteur)
  • Date : 1834
  • Lieu de conservation : Bibliothèque centrale
  • Cote : 1801/702

Citer ce document

Gatti de Gamond, Zoé, « De la condition sociale des femmes au dix-neuvième siècle, et de leur éducation publique et privée », Bruxelles, Berthot, 1834, PHENIX (UMONS), consulté le , http://biblio.umons.ac.be/public/bv/?p=4859

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  • Commentaire

    Zoé Gatti de Gamond est née à Bruxelles en 1806 de parents français. Son père, Pierre-Joseph de Gamond, avocat-avoué au Barreau de Bruxelles, gouverneur de la province d’Anvers sous le régime hollandais, a fini comme conseiller à la Cour d’appel de Bruxelles. Sa mère Isabelle-Angélique de Lados animait un salon où les discussions politiques et philosophiques s’échangeaient. Élevée dans un milieu libéral cultivé, Zoé de Gamond ne peut que s’intéresser aux nouveaux courants idéologiques qui se propagent en France : le saint-simonisme et le fouriérisme. Elle s’enflamme pour les idées sur l’émancipation de la femme.

    En 1834, son premier livre De la condition sociale des femmes au dix-neuvième siècle paraît à Bruxelles. Celui-ci contient la base de tout le féminisme belge : le rôle de l’instruction dans l’épanouissement de la condition féminine. Zoé de Gamond souhaite réformer le système éducatif et les mœurs. Elle développe l’idée d’un combat commun à toutes les femmes de toutes les conditions et toutes les classes sociales, prélude à la naissance d’un premier féminisme. Dans son livre, elle préconise de fonder différents types d’écoles spécialement destinées aux filles des classes populaires. Le premier type s’adresse aux enfants âgées de deux à six ans où on les familiarise avec « l’idée de Dieu ». Le deuxième accueillerait les filles, de six à douze ans, pour développer leurs capacités intellectuelles et leurs assurer des moyens d’apprentissage d’un état. Travaux manuels seraient dispensés avec de l’écriture, de la lecture et du calcul. Une fois leur éducation terminée, ces filles peuvent devenir « lingère, modiste, coiffeuse, fleuriste, brodeuse, dentellière, repasseuse, lavandière, cuisinière… ». Un troisième type, les « écoles d’industrie » accueillerait des jeunes filles qui ne peuvent être prises en charge par leurs parents dans de vastes ateliers où elles s’exerceront aux travaux manuels et aux tâches domestiques. Les classes bourgeoises auraient ainsi la possibilité de recruter ces jeunes filles comme servantes, femmes de chambre et cuisinières. Zoé propose encore d’ouvrir une école normale supérieure pour les « jeunes filles pauvres de la classe élevée » afin qu’elles deviennent institutrices. Grâce à ce système d’éducation qui donne à toutes les filles une formation pratique dont l’instruction n’est pas absente, les femmes pourront « s’élever au niveau des connaissances de ce siècle et s’instruire sur leur condition ».

    Zoé va mettre en pratique ses idées avec son amie Eugénie Poulet en fondant deux établissements d’éducation pour les femmes, en 1835, à Bruxelles. Elles auront beaucoup de difficultés pour trouver des financements. En 1847, Zoé sera nommée inspectrice des écoles primaires des filles de la ville de Bruxelles.

    Zoé de Gamond a, également, écrit de nombreux articles pour plusieurs revues dont : Le Recueil encyclopédique belge, L’Artiste et L’Exilé. Elle s’est fait connaître comme commentatrice des idées de Charles Fourier, célèbre socialiste utopiste français. Elle est l’auteur d’une série de manuels destinés aux écoles qu’elle a fondées. Son dernier ouvrage paraît en 1848 et s’intitule Organisation du travail par l’éducation nationale où elle propose un nouveau modèle de vie communautaire.

    Zoé a épousé, en 1835, Jean-Baptiste Gatti, peintre italien dont elle aura trois filles. La plus connue sera Isabelle de Gamond qui reprendra les idées de sa mère au niveau de l’enseignement pour les mettre en pratique. Elle s’éteint, en 1854, âgée de seulement 48 ans, dans un relatif anonymat. (Christine Gobeaux)

  • Bibliographie

    GUBIN Eliane, JACQUES Catherine, PIETTE Valérie et PUISSANT Jean (dir.), Dictionnaire des femmes belges XIX et XXe siècles. Bruxelles, Racine, 2006, p. 153.

    PIETTE Valérie, « Zoé Gatti de Gamond ou les premières avancées féministes ? « , dans Revue belge de philologie et d’histoire, tome 77, fasc. 2, 1999, p. 402-415. (DOI : https://doi.org/10.3406/rbph.1999.4365 )

    VAN NUFFEL Robert, « Zoé Gatti de Gamond », dans Biographie nationale, t. 38, Bruxelles, 1973-1974, col. 241-250.

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Auteur(s)

  • Gatti de Gamond,
    Zoé (Créateur, 1806-1854,
    auteur)

Titres

  • De la condition sociale des femmes au dix-neuvième siècle, et de leur éducation publique et privée (Titre propre)

Edition

  • [Lieu] Bruxelles
  • [Editeur] Berthot
  • [Publication] 1834

Type d’objet original : livre

Collation / Format

  • [Format] [8]-161-[3] p. ; in-12

Langue(s) :

  • Français

Notes

  • [Appartenance] Ex-dono manuscrit à la page de faux-titre « Pour la bibliothèque publique de Mons »

Lieu de conservation : Bibliothèque centrale

Provenance

  • [Bibliothèque] UMONS. Bibliothèque centrale

Cote : 1801/702

Conditions d’accès

  • [Droits d’accès] Domaine public

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  • Nombre de pages : 88
  • Droits d’accès : Accès libre
  • Type : application/pdf
  • Taille : 114045 Ko
  • Dernière modification : 2020-04-02 18:17:02
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