[Biblia latina à 42 lignes]

Références

  • Date : ca 1453-1456
  • Lieu de conservation : Bibliothèque centrale
  • Fonds particulier : Fonds Puissant
  • Cote : 1001/21

Thèmes

  • Bible à quarante-deux lignes

Citer ce document

« [Biblia latina à 42 lignes] », Mayence, Johan Gutenberg, ca 1453-1456, PHENIX (UMONS), consulté le , https://biblio.umons.ac.be/public/bv/?p=3277

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  • Commentaire
    Gutenberg est généralement considéré en Occident comme l’inventeur de l’imprimerie typographique. Lorsque la typographie apparaît en Europe au XVe siècle, elle est déjà connue en Extrême-Orient. Les premiers essais d’impression à l’aide de caractères mobiles se situent en Chine et remontent au milieu du XIe siècle. On utilise alors des caractères mobiles en argile. Leur résistance médiocre explique que les impressions se faisaient par la technique du frotti plutôt qu’à l’aide d’une presse. La structure de la langue (le grand nombre de caractères) fait que la typographie ne s’est pas développée et que longtemps la xylographie est restée le moyen de reproduction des textes le plus utilisé. En Corée, on utilise des caractères métalliques à partir du 18e siècle. On s’est longtemps posé la question de savoir si cette invention s’était transmise chez nous. Des contacts existaient au XIIIe siècle entre l’Europe et le monde asiatique. Qu’il suffise de rappeler l’ambassade dépêchée par le pape chez les Mongols en 1245, imité en 1253 par le roi de France Louis IX. Une vingtaine d’années plus tard, Marco-Polo est à Pékin. Malgré cela aucun élément tangible ne vient étayer l’hypothèse de ce que l’on appellerait aujourd’hui un « transfert de technologie ». L’invention de l’impression à l’aide de caractères mobiles en Europe est mise au crédit de Johann Gensfleisch, passé à la postérité sous le patronyme de Gutenberg, du nom d’une propriété familiale. La biographie de ce personnage présente des lacunes. Originaire de Mayence, il y est né probablement à l’extrême fin du 14e siècle, il est issu d’une famille bourgeoise, son père exerçant la profession de marchand de drap. Sa bonne connaissance du latin laisse supposer une scolarité dans une école monastique et peut-être aussi dans une université. En 1428, suite à un conflit social dans sa ville natale, il est contraint à l’exil. On ignore ce qu’il a fait en quittant Mayence, mais en 1434 on retrouve sa trace à Strasbourg. Le choix de cette localité n’est probablement pas le fait du hasard car au milieu du 15e siècle Strasbourg, ville de 25.000 habitants, est une des plus importantes d’Allemagne après Cologne, Vienne, Nuremberg et Lubeck. Gutenberg y exerce plusieurs activités (polissage de pierres précieuses, fabrication de miroir à écouler lors du pèlerinage d’Aix-la-Chapelle) tout en poursuivant des recherches sur lesquelles nous sommes mal renseignés mais qui portaient vraisemblablement déjà sur l’impression typographique. De retour à Mayence, au plus tard en 1448, il poursuit ses travaux avec le soutien financier d’un riche commerçant, Johann Fust et l’aide d’un troisième personnage, Peter Shoeffer. L’aboutissement en sera l’impression, achevée fin 1454, d’une Bible appelée parfois « Bible de Gutenberg » ou « Bible à 42 lignes » (B 42). Le travail terminé, un litige financier oppose Gutenberg à ses associés et ils se séparent, Gutenberg d’un côté et Fust et Schoeffer de l’autre, chacun continuant à imprimer. Gutenberg meurt à Mayence le 3 février 1468. La Bible à 42 lignes, dénommée ainsi d’après le nombre de lignes par colonne, est considérée comme le premier livre imprimé en Occident à l’aide de caractères mobiles. Il ne s’agit probablement pas du premier travail sorti des presses de Gutenberg. Il aurait produit quelques impressions de faible ampleur avant et peut-être en même temps que la Bible – donats, lettres d’indulgence … – afin de mettre son invention au point et sans doute aussi de faire rentrer un peu d’argent. Pour imprimer cette Bible, Gutenberg a gravé 290 signes typographiques différents (hauts et bas de casse, abréviations, ligatures, signes de ponctuation) qui serviront pour la fonte d’une police estimée à environ 100.000 caractères. Gutenberg a commencé à imprimer à raison de 40 lignes par colonnes. Ensuite il est passé à 41 et enfin à 42. Il a aussi voulu imprimer le travail du rubricateur (sur certains feuillets, les têtes de chapitres sont imprimées en rouge). Vu la difficulté du travail qui nécessite deux passages sous la presse – un passage par couleur d’impression- il abandonne, y compris lorsqu’il a réimprimé les premiers feuillets à 42 lignes par colonne au lieu de 40. On savait depuis la fin du 15e siècle que le premier livre imprimé était une Bible en latin, mais il faudra attendre le XVIIIe siècle pour l’identifier avec précision. On le doit au libraire français Guillaume-François Debure lors de recherches à la Bibliothèque Mazarine à Paris : « le pur hasard nous a fait découvrir cette précieuse édition de la Bible […] et nous ne balançons pas un seul moment à lui accorder le premier rang, non seulement sur toutes les Bibles, mais encore sur toutes les éditions des livres. » Debure commet cependant une erreur en attribuant l’impression de l’ouvrage à Fust, un des collaborateurs de Gutenberg, et non à ce dernier. On estime que Gutenberg a imprimé près de 200 exemplaires de cette Bible, mais on n’en connaît plus actuellement que 49. L’exemplaire conservé à la Bibliothèque de l’UMONS, le seul en Belgique, est malheureusement incomplet. Il est composé de 440 pages alors que la Bible complète en comprend 1282 et il ne contient que le début du tome premier et se termine à la fin du livre d’Esdras. Il comporte en plus deux lacunes de 20 feuillets (f° 11-30 et 129-148) c’est-à-dire qu’il manque la fin de la Genèse et le début de l’Exode ainsi que le premier livre des Rois et le début du deuxième livre des Rois. L’exemplaire de Mons est entré en 1926 dans les collections du chanoine Edmond Puissant (1860-1934). (René Plisnier)
  • Bibliographie
    M.-A. ARNOULD, « L’exemplaire de la Bible de Gutenberg conservé à Mons. Étude critique », Mons, Société des Bibliophiles belges séant à Mons, 1960 (Publications in-4°, n° 2) ; G. BECHTEL, « Gutenberg et l’invention de l’imprimerie. Une enquête », Fayard, 1992 ; G.-F. DEBURE, « Bibliographie instructive ou Traité de la connaissance des livres rares et singuliers », Paris, Debure, 1763 ; S. FÜSSEL, « Gutenberg and the impact of printing », Ashgate, 2005 ; A. KAPR, « Johann Gutenberg. The man and his invention », Scolar Press, 1996.

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Titres

  • [Biblia latina à 42 lignes] (Titre forgé)

Edition

  • [Lieu] Mayence
  • [Editeur] Johan Gutenberg
  • [Publication] ca 1453-1456

Type d’objet original : incunable

Collation / Format

  • [Format] In-fol; 29 x 19,4 cm
  • [Décoration/Illustration(s)] Initiales et majuscules peu ornées (filets à la plume)
  • [Mise en page] 42 lignes en deux colonnes
  • [Reliure] Reliure du 19e siècle : veau sur carton, dos à 5 nerfs, titre à l’or fin

Langue(s) :

  • Latin

Notes

  • [Description] Exemplaire incomplet ; Annotations et corrections
  • [Appartenance] En garde, provenance manuscrite: « ad horam utor Edm. Puissant can. Torn. 21 juli 1926 ». Provenance de l’abbaye d’Aulne selon François Colmant et auparavant de la Bibliothèque Saint-Alban de Trèves.
  • [Divers] Catalogues : Christiane PIERARD, « Xylotypes, incunables, post-incunables conservés à la bibliothèque de Mons », Mons, UMH, 1989, n° 59 ; Alice RENIER, » La bible imprimée dans les collections de l’Université de Mons-Hainaut XVe-XXe siècle », Mons, UMH, 1995, n°5.

Lieu de conservation : Bibliothèque centrale

Provenance

  • [Bibliothèque] UMONS. Bibliothèque centrale

Cote : 1001/21

Conditions d’accès

  • [Droits d’accès] Domaine public

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  • Nom : Gutenberg-150pix-286mo.pdf
  • Nombre de pages : 226
  • Droits d’accès : Accès libre
  • Type : application/pdf
  • Taille : 293530 Ko
  • Dernière modification : 2018-10-24 12:53:21
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