Mai 2016

« C’est l’Doudou, c’est l’Mama, c’est l’Poupée d’St George qui va !!! »

Lithographie de Marcellin Jobard, début du 19e siècle

JobardÀ Mons, chaque année à la Trinité, la ville se prépare à fêter le Doudou. Depuis 2005, la Ducasse rituelle de Mons est inscrite par l’UNESCO au patrimoine oral et immatériel de l’Humanité. Elle se déroule en quatre épisodes : la Descente de la châsse de sainte Waudru, la Procession suivie de la Montée du Car d’Or et enfin le Combat dit Lumeçon. Depuis huit siècles, la Ducasse rythme la vie des Montois.

La Bibliothèque centrale conserve dans ses collections de nombreux documents – manuscrits, livres imprimés, dessins, estampes, affiches – qui décrivent cet événement depuis la fin de l’Ancien régime jusqu’à nos jours. Parmi les nombreuses estampes produites au 19e siècle, notre choix s’est porté sur une lithographie de Marcellin Jobard (1792-1861) qui a fondé à Bruxelles, en 1820, le premier établissement lithographique de Belgique et engagé Jean-Baptiste Madou (1796-1877). La lithographie, nouvelle technique d’impression, a été introduite à Mons en 1816 par le pharmacien François Gossart (1749-1866). Madou, lors d’un séjour dans la ville, a eu l’occasion de s’initier à celle-ci.

La lithographie de Jobard représente le combat dit Lumeçon. Elle ne porte aucun titre, juste les deux vers de l’hymne El’ Doudou « C’est l’Doudou, c’est l’Mama, c’est l’Poupée d’St George qui va !!! » en-dessous de l’image. Elle montre le combat entre Saint-Georges et le dragon sur la Grand-Place devant l’entrepôt des taxes et l’ancienne académie de dessin avec à l’arrière-plan la rue de Nimy. Le dragon, porteur de petites ailes dégagées, arbore une queue constituée d’une seule perche. Il est animé par un unique porteur représenté à l’intérieur de son corps. Les Chins-Chins refoulent la foule avec leurs vessies. Des spectateurs sont renversés.

Cette planche possède un air de famille indéniable avec une autre lithographie, attribuée par Émile Hublard (1863-1927), à Jean-Baptiste Madou et une gravure de l’artiste français Antoine Thiébault imprimée à Lille vers 1830.

Madou

THIEBAULT

Voir les numérisations liées au Doudou

 

Pour en savoir plus :

  • M.-A. ARNOULD, « Les débuts de la lithographie à Mons (1816-1830) », dans « La Vie wallonne », t. 44, 1970, p. 418-458
  • B. KANABUS (dir.), « La Ducasse rituelle de Mons », Bruxelles, Racine, 2013
  • R. MEURANT, « Le Lumeçon », catalogue d’exposition du 7 octobre au 28 octobre 1967, Bruxelles, Crédit Communal de Belgique, 1967.
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