Février-Mars

Séduction et galanterie à Mons au 17e siècle

Recueil des plus beaux airs de ce temps 1620 

Ce recueil de chansons manuscrit a rejoint les collections patrimoniales de l’UMONS en 2018 grâce à l’intervention de la Fondation Roi Baudouin. Datant de 1620, ce document est le cadeau d’un riche montois, Melchior Dassonleville, à la dame de ses pensées Marie qu’il épouse en 1628. Sous une reliure en soie rose d’époque, recouverte d’une liseuse brodée au canevas, se cache un livre d’amour comme seule une clientèle aisée pouvait s’offrir. Les tranches ciselées et dorées contribuent à rendre le volume précieux. Les armes des Dassonleville, d’azur au chevron d’Or avec trois étoiles et leur devise « Tum demum satiabor » (Pas avant d’être satisfait) apparaissent dans trois miniatures du manuscrit mais la troisième étoile a été remplacée par un cœur enflammé.

Le chansonnier contient 74 chansons en français sur le thème de l’amour. Un index à la fin classe celles-ci en plusieurs rubriques : « airs nouveaux », « chansons nouvelles », « chansons amoureuses », « airs de cour », « ballets nouveaux » et « chansons en gaillardes ». Le titre des chansons est souvent écrit à l’encre rouge et la fin agrémentée d’un dessin fait d’un seul trait de plume. Les textes des chansons, en page de droite, sont décorés dans les marges de fleurs, de fruits, d’oiseaux ou d’insectes. Les fleurs dessinées ‒ tulipe, roses, lys, œillets, héliotropes… ‒ accentuent encore le côté passion amoureuse.

Composé de 274 feuillets, ce volume renferme 17 miniatures, rehaussées d’or, en pleine page dont 16 sur vélin et une sur soie, ce qui est très rare. Chaque planche, précédée d’une feuille de papier marbré, introduit un groupe de chansons. Les peintures ont toutes trait à l’amour avec des scènes mythologiques, inspirées des Métamorphoses d’Ovide. On y retrouve notamment la déesse Diane et le chasseur Actéon en train de se transformer en cerf, Mars et Vénus, Andromède enchaînée sauvée par Persée, le Jugement de Pâris, Apollon et Daphné se transformant en laurier, etc. Ces illustrations font penser aux compositions du graveur Crispin de Passe l’Ancien (1567-1637) qui a fondé une dynastie de graveurs et d’éditeurs en activité principalement en Europe du Nord. Ces planches mettent également en scène des personnages revêtus de riches costumes contemporains. Dans les paysages de fond de deux planches, on peut distinguer le beffroi et la collégiale Sainte-Waudru de Mons et dans deux autres vues deux châteaux des environs.

Le manuscrit, inachevé car 52 feuillets de papier sont restés vierge, se termine par la scène du cortège funéraire de Cupidon, accompagnant la chanson « Carillon joué aux funérailles de l’amour » suivie de 16 dessins à pleine page en couleurs. On y trouve le portrait d’une jeune femme, sans doute celle à qui était destiné le recueil et des représentations d’animaux (chevaux, félin, singe et licorne).

Pour en savoir plus:
  • Patrimoine de la Fondation Roi Baudouin, en ligne (https://www.patrimoine-frb.be)
  • Van Sprang S.(s. la dir.), L’empire de Flore : histoire et représentation des fleurs en Europe du XVIe au XIXe siècle. Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1996.

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