[11 dessins (croquis d’audience) des membres de la Bande noire. 1862]

Références

  • Date : 1862
  • Lieu de conservation : Bibliothèque centrale
  • Cote : E 2652-2662 (1971/1966)

Thèmes

  • Bandits et brigands — Wallonie (Belgique) — 19e siècle

Citer ce document

« [11 dessins (croquis d’audience) des membres de la Bande noire. 1862] », [Mons], 1862, PHENIX (UMONS), consulté le , http://biblio.umons.ac.be/public/bv/?p=6378

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  • Commentaire

    Grâce à l’intervention de l’ASBL Les Amis de la Bibliothèque de Mons, devenue depuis 2015 les Amis des Bibliothèques de l’Université de Mons, onze croquis d’audience sont entrés dans les collections iconographiques de la Bibliothèque centrale en 1971.

    Ces dessins, au crayon dont deux sont restés inachevés, représentent les membres d’une célèbre bande de gangsters qui a sévi dans la région de Charleroi au milieu du 19e siècle. Les noms figurant à côté de chaque portrait ont permis d’identifier ces personnages comme étant les membres de la bande de l’Entre-Sambre-et-Meuse, surnommée par la presse la Bande noire. Ce surnom faisait allusion au cirage appliqué par les malfaiteurs sur leur visage pour éviter d’être reconnu et au climat de terreur répandu en Wallonie. Organisée dès 1850, la Bande a semé la terreur dans la population des arrondissements de Dinant, Namur, Nivelles et Charleroi jusqu’à son arrestation en septembre 1861. Sur les quatorze membres, onze sont issus de deux familles : les Boucher, originaires de Gembloux et les Leclercq originaires de Sombreffe. Avec à leur actif 55 vols, les malfrats seront jugés à la cour d’assises de Mons entre le 23 décembre 1861 et le 8 janvier 1862. À l’issue du procès, neuf sont condamnés à la peine de mort et l’ordonnance de la cour prévoit qu’ils soient guillotinés sur la place de Charleroi. Les condamnés feront appel à la clémence royale et tous, à l’exception de Jean-Baptiste Boucher et Auguste Leclercq verront leur peine commuée en travaux forcés à perpétuité.

    Grâce à la date du 9 janvier 1862 inscrite sur un des croquis, Christiane Piérard en a déduit que les onze portraits ont été dessinés pendant le procès de la Bande noire. Le dessinateur n’a pas eu le temps de croquer les portraits de trois accusés : Pierre Chavée, François Arvicius et Jean Hubert. Les onze croquis nous présentent les accusés vus de profil ou de trois quart : Jean-Baptiste Boucher, 44 ans et le chef de la Bande, Auguste Leclercq, 33 ans, marchand de volailles, Joseph Leclercq, tailleur de pierres, Joseph Hubinon, 18 ans, Philippe Boucher, 36 ans, Alexandre Leclercq, 26 ans, Auguste Vanderavero, 23 ans, houilleur, François Hubinon, journalier, 58 ans, Rabet, 29 ans, journalier, Pierre Vanderavero, 67 ans, journalier et Marie-Joseph Leclercq, femme Camet, 28 ans.

    L’auteur des dessins est anonyme. Selon C. Piérard, il ne peut s’agir d’un journaliste car les journaux n’étaient pas illustrés à l’époque mais peut-être un élève de l’Académie des Beaux-Arts de Mons ou un portraitiste-lithographe. Dans ce cas, elle attribuerait ceux-ci à Etienne Wauquière (1808-1869) directeur de l’Académie des Beaux-Arts de Mons au moment du procès de la célèbre Bande. Son hypothèse est renforcée par le fait que ces dessins étaient épinglés dans un album qui a appartenu à Léon Froment (1868-1954), secrétaire du parquet de justice près le Tribunal de Mons. Léon Froment a habité la maison que Wauquière occupait rue des Cinq Visages. Laure Didier, dans son étude sur la Bande noire (p. 128), mentionne le fait que plusieurs portraitistes ont demandé à pouvoir faire le portrait des accusés dont le lithographe François Lambert-De Roisin (1808-1868). Ce dernier avait adressé un courrier au ministre de la Justice Victor Tesch pour obtenir une autorisation spéciale. On ne sait pas s’il a obtenu celle-ci.

    Quel que soit l’auteur de ces croquis, ceux-ci sont intéressants pour l’histoire locale et régionale. D’autre part, ils évoquent la mentalité et le climat qui régnaient au cours du 19e siècle, époque où la peine capitale pour tentative d’assassinat ou blessures graves était encore appliquée alors qu’une partie de la population s’oppose à celle-ci. Jean-Baptiste Boucher et Auguste Leclercq seront les deux derniers guillotinés en Wallonie. (Christine Gobeaux)

  • Bibliographie

    Laure DIDIER. La Bande noire (1855-1862). Le banditisme dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et ses liens avec l’affaire Coucke et Goethals. Louvain-la-Neuve, UCL Presses universitaires de Louvain, 2013.

    Christiane PIERARD. « La Bande noire : une collection de croquis d’audience de 1861-1862, à la Bibliothèque de Mons », dans Archives et Bibliothèques de Belgique, t. 43, 1973, p. 251-259.

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Titres

  • [11 dessins (croquis d’audience) des membres de la Bande noire. 1862] (Titre forgé)

Edition

  • [Lieu] [Mons]
  • [Création] 1862

Type d’objet original : dessin

Collation / Format

  • [Format] 11 dessins au crayon (17,5 x 13,5 cm)
  • [Support] papier

Langue(s) :

  • Français

Notes

  • [Date] d’après la date (9 janvier 1862) inscrite sur un des croquis
  • [Description] Traces d’épingle sur les dessins

Lieu de conservation : Bibliothèque centrale

Provenance

  • [Bibliothèque] UMONS. Bibliothèque centrale

Cote : E 2652-2662 (1971/1966)

Conditions d’accès

  • [Droits d’accès] Domaine public

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  • Nombre de pages : 11
  • Droits d’accès : Accès libre
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  • Taille : 5020 Ko
  • Dernière modification : 2020-01-06 13:43:02
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